Les Archives organisent deux conférences par an, aux mois de mai et de septembre. La conférence du mois de mai s’inscrit dans la thématique de l’exposition annuelle. Entrée libre.

   

Conférence

« Ce que les archives personnelles nous disent…. Parcours de vie et histoires »

Le jeudi 15 mai 2008 à 20h30

 

PROPOS DE LA CONFÉRENCE

Les archives conservent une trace de tout individu, quels que soient son statut ou sa position sociale. En effet, il existe une masse de documents qui ne visent jamais l’individu pour lui-même, mais comme élément d’une collectivité. Ces archives permettent notamment de faire l’histoire sociale des singularités (qui diffère de l’histoire des élites), pour les individus qui n’ont pas laissé de traces écrites.

Un des propos de l'exposition « Archiv'et vous », présentée aux Archives départementales jusqu’au 31 mars dernier, était de pousser les visiteurs à s’interroger sur la conservation et la transmission de leur patrimoine personnel.

Quelle utilisation l’historien peut-il faire de ces archives publiques et privées ? Comment faire parler les documents ? Les deux conférenciers feront découvrir la diversité et la richesse des archives publiques et privées et montreront l'exploitation historique que l'on peut en faire.

En cela, les documents d’archives sont uniques, ils permettent de reconstituer une vie en filigrane.

En préambule, les conférenciers seront introduits par Geneviève RIZZI, Présidente de la Commission « Éducation- Jeunesse- Sport- Culture » du Conseil général des Deux-Sèvres.

Dans un premier temps, Christine NOUGARET évoquera en images la diversité et la richesse des archives privées et des modalités de leur collecte. Les fonds privés, ce sont les documents personnels, familiaux, les archives des partis politiques ou des grands journaux. Ils apportent un éclairage original sur le passé. En effet, qu’y a-t-il de plus intime que les traces d’un chapitre d’une vie, d’un engagement, qu’il soit politique ou associatif ?

Christine NOUGARET rappellera également les solutions juridiques qui s’offrent aux propriétaires désireux d’ouvrir leurs archives à la recherche historique.

Ensuite, l’historien Alain CORBIN, spécialiste de l’histoire sociale et de l’histoire des représentations, s'est intéressé à l'histoire des gens « ordinaires » au XIXe siècle. Ce dernier interviendra pour présenter son utilisation des archives publiques qui a conduit notamment à ses ouvrages Les cloches de la terre (1994) et Le Monde retrouvé de Louis-François Pinagot, Sur les traces d’un inconnu, 1798-1876 (1998).

De nombreux documents d’archives, en France, comme les registres d’état civil, les recensements de population et les registres militaires, décrivent la population, et notamment la population masculine, avec précision. De plus, lorsque les individus ont affaire avec l’assistance publique ou la justice, des dossiers les concernant sont constitués : l’individu est clairement ciblé et gagne alors une visibilité dans la masse.

PROGRAMME DE LA CONFÉRENCE

  • 20h30 : Geneviève RIZZI, Présidente de la Commission « Éducation- Jeunesse- Sport- Culture » du Conseil général des Deux-Sèvres. Présentation du programme de la conférence.
  • 20h45 : Christine NOUGARET, conservateur général du patrimoine, ancienne responsable de la section des archives privées au Centre historique des Archives nationales.
  • 21h30 : Alain CORBIN, historien, professeur émérite à l’université Paris I Panthéon-Sorbonne et membre de l’Institut universitaire de France.

BIOGRAPHIE DES CONFÉRENCIERS

Christine NOUGARET, conservateur général du patrimoine :

Christine NOUGARET a dirigé pendant neuf ans les archives municipales de Nantes, avant de rejoindre la Direction des archives de France, puis les Archives nationales. Elle a dirigé pendant sept ans la Section des Archives privées des Archives nationales, conduisant une politique de collecte et d’inventaire d’archives familiales et politiques du XVIIIe siècle à nos jours : elle a ainsi fait entrer au Archives nationales les archives Malesherbes, Marcel Sembat ou encore Maurice Thorez, par exemple.

Elle est aujourd’hui professeur à l’École nationale des chartes. Auteur de nombreuses études sur les archives et leur histoire, elle s’intéresse tout particulièrement aux écrits personnels (journaux, mémoires…). Passionnée d’histoire de la Bretagne, ses sujets de recherche portent sur l’histoire sociale et familiale au XVIIIe et XIXe siècles.

Alain CORBIN, historien :

Depuis plus de 20 ans, Alain CORBIN poursuit son chemin d’ « historien du sensible ». Professeur émérite à l’Université Paris I Panthéon-Sorbonne et membre de l’Institut universitaire de France, il a marqué sa discipline par son approche novatrice ; l’Histoire, c’est aussi des sons, des odeurs, des sensations.

Il publie en 1982 Le Miasme et la Jonquille. L’odorat et l’imaginaire social aux XVIIIe-XIXe siècles, un essai sur le paysage olfactif qui va beaucoup inspirer Patrick Süskind pour son roman Le Parfum de 1985.

En 1994, Les cloches de la terre dépeint le paysage sonore des campagnes françaises du XIXe siècle où le son des cloches rythme les journées de travail et les vies des individus. Depuis le baptême jusqu’au mariage en passant par l’entrée en guerre, les grands évènements des hommes sont marqués par la musique des cloches qui sonnent le bonheur d’une union ou signalent un danger.

Alain CORBIN a également redonné vie à des destins anonymes, à des individus, qui ont vécu et qui sont morts, mais qui jamais ne sont sortis de la masse des hommes du passé. En 1998, Le monde retrouvé de Louis-François Pinagot, sur les traces d’un inconnu, se présente comme une enquête historique qui se propose de reconstituer la vie d’un sabotier normand choisi au hasard dans les registres des archives départementales de l’Orne.